Il y a urgence !

, par  Secrétariat SF , popularité : 9%

CSAE de l’INRAE du 19 mai 2026 - Déclaration liminaire CGT-INRAE

Chacun peut le voir au quotidien, notre pouvoir d’achat est en train de sombrer. Avec la récente crise internationale, fruit de l’inconséquence du gouvernement américain, le prix des carburants s’est envolé, ainsi que celui de plusieurs produits de base. Cette augmentation frappe de plein fouet ceux dont la vie est impossible sans véhicule personnel et qui n’ont plus d’autres solutions que de rogner sur l’ensemble de leurs dépenses. Plus largement cette augmentation des prix des carburants commence à faire redémarrer l’inflation globale. Alors qu’elle était tombée à un niveau proche de zéro, elle est repartie en mars et encore plus en avril. Mais l’essentiel de la crise est à craindre, quand les stocks stratégiques de pétrole, tombés au plus bas, ne pourront plus servir d’amortisseur.
Le gouvernement a, par obligation légale, été contraint d’annoncer une augmentation minimale du SMIC en juin prochain, mais cela n’impactera que les salaires les plus bas sans toucher ceux qui sont juste au-dessus. C’est pourquoi la CGT revendique la mise en place de l’échelle mobile des salaires qui revalorise les rémunérations avec l’inflation. Elle était en vigueur avant 1983, elle est en place en Belgique, on peut la faire ici et maintenant !
Pour les fonctionnaires, rien n’est annoncé, une fois encore, sur le point d’indice qui détermine le traitement indiciaire, l’essentiel de notre rémunération. Rappelons que sur les 25 dernières années, le point d’indice a perdu plus de 25 % de son pouvoir d’achat. Pour les plus faibles rémunérations, celles à l’INRAE des AT et des TR en début de carrière, cela a pour conséquence un laminage des grilles indiciaires, avec des débuts de carrières qui se traînent pendant 10 ou 12 ans avec des échelons d’un ou deux points d’indice.
Pour notre pouvoir d’achat il y a urgence, avec des rémunérations bloquées et des prix en hausse, c’est la consommation qui stagne et derrière le chômage qui revient, déjà à son plus haut niveau depuis 5 ans.
A l’occasion de ce CSA nous interrogeons la Direction Générale sur le budget de l’Institut. Le Premier ministre a annoncé d’abord un plan de coupe budgétaire de 4 milliards, auquel il a rajouté ensuite 2 milliards supplémentaires. Le PDG du CNRS a annoncé, suite à une injonction du Premier ministre, une coupe dans des crédits déjà alloués aux laboratoires, et a déclaré qu’il ne voyait pas comment son successeur arriverait à boucler le budget de l’an prochain. Bien des raisons pour s’inquiéter sur le budget de l’INRAE.
L’Etat rogne sur toutes ses dépenses même celles qui préparent l’avenir comme c’est le cas pour la recherche. Il rogne dans les dépenses sociales avec une loi prétendant lutter contre la fraude sociale et fiscale, mais qui de fait s’attaque très fortement aux chômeurs et laisse de côté la fraude fiscale. Il rogne dans les dépenses dévolues aux étudiants en faisant exploser les droits d’inscription à l’Université pour les étudiants non-communautaires, après les avoir privés de l’essentiel des aides personnalisées au logement. Ou comment joindre l’art de faire de toutes petites économies financières au plaisir d’enfiler les chaussons de l’extrême droite. Toutes ces petites économies sont révoltantes quand on voit qu’on trouve simultanément, et comme par miracle, 36 milliards de plus pour les dépenses militaires 2026-2030.
A l’occasion de ce CSA, nous interrogeons de nouveau la Direction Générale sur les conséquences de son interprétation de la laïcité dans des mesures prises à l’encontre de femmes à qui la hiérarchie reproche une tenue censée mettre en avant une identité religieuse musulmane. Suite aux remontées de plusieurs centres en France, la CGT déplore une dégradation de la situation qui a conduit à plusieurs départs ou abandons de candidatures. Devant ce constat, la CGT demande qu’on revienne à une gestion apaisée de ces situations, comme c’était le cas il y a plusieurs années, et comme c’est le cas dans les autres établissements de l’ESR. Il en va du bon fonctionnement des collectifs de recherche, comme de l’image de l’Institut à l’international.
Ce CSA se penche aussi sur l’activité du Conseil médical. La CGT fait le constat d’un fonctionnement non-satisfaisant de cette instance qui ne s’est jusqu’ici réuni qu’une seule fois cette année alors qu’il y a de nombreux dossiers en souffrance. Nous constatons que l’administration et les membres du conseil médical ne respectent pas les règles définies dans le Vademecum élaboré en décembre 2024 à leur initiative, en lien avec les représentants du personnel. Les représentants du personnel siègent de nouveau sans cadre clair, sans visibilité. Cela n’est pas sans conséquence sur leurs conditions de travail et pour les agents qu’ils accompagnent. Pour certains agents, l’administration ne prend pas de décision alors que le Conseil Médical a rendu son avis, pour d’autres, le conseil rend des avis en contradiction avec les expertises médicales.
Pour finir sur une note plus positive, la CGT se réjouit d’apprendre que la commission environnementale du Parlement européen a acté le report du vote sur le projet de règlement relatif aux nouvelles techniques génomiques (NTG) au mois de juin. Nous avions fait campagne en ce sens, mais il est encore temps pour chacun de peser dans le débat (*) et il serait opportun que la direction générale de l’Institut affirme le refus du brevetage du vivant.
* Voir le message national de la CGT « NTG - non au brevetage du vivant » du 07 mai 2026.

Informations à l’issue de la réunion

• Note de service relative à la mise en œuvre de la prestation d’action sociale « chèque emploi service universel – CESU » préfinancé par INRAE
Vote : pour à l’unanimité
• Note de service sur la modification de la décision du 1er janvier 2025 fixant les lignes directrices de gestion (LDG) applicables à INRAE en matière de mobilité pour la période 2025-2029 (note de service n°2025-03)
Vote : 5 contre (3 CGT et 2 SUD), 5 pour (4 CFDT et 1 CFTC)

La CGT déplore qu’une des questions qu’elle avait posée sur la suppression des navettes desservant le campus de Saclay n’ait pas été retenue par la Direction Générale pour examen en CSA.