On ne fait pas du mécano avec les instituts de recherche !
Dans le viseur : aujourd’hui l’IRD…et demain, qui ?
Michel Eddi, ancien DGD de notre Institut, vient d’être nommé à la tête de la mission de préfiguration du "rapprochement" entre l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le CNRS. En guise de rapprochement, c’est d’une absorption de l’IRD par le CNRS dont il est question. La décision a déjà été prise par la mission "État efficace", mission qui a très officiellement dans ses fonctions "de regrouper, de fusionner et si besoin est, de supprimer des structures" de l’État.
L’opération est menée au pas de charge : les premiers bruits ont couru au début de l’été, et maintenant la mission de préfiguration se met en place avec des premières recommandations à rendre fin 2026, et des conclusions attendues au 1er mars 2027, juste avant les présidentielles.
Avec ces 2 300 agents, l’IRD, créé en 1943, est le seul EPST pluridisciplinaire dévolu à la recherche pour le développement. Il est présent dans plus de 30 pays de tous les continents et dans les territoires ultramarins, et a noué partout des partenariats avec les organismes de recherche locaux. Sa fusion avec un organisme principalement dévolu à la recherche fondamentale ne peut qu’inquiéter sur la survie de sa mission actuelle. D’autant que l’annonce a été faite sans concertation préalable, ni avec les personnels, ni avec les partenaires.
Cette absorption par le CNRS ne peut que nous rappeler la fusion entre l’INRA et l’IRSTEA, là aussi imposée pour des raisons budgétaires et qui a eu de fortes répercussions pour de nombreux agents, en conduisant in fine à un institut, l’INRAE, dont les effectifs étaient inférieurs à l’addition de ceux des deux anciens instituts.
État efficace qui est en fait un État exsangue, dans lequel chaque dépense publique est perçue comme du gaspillage, en oubliant les bénéfices en retour. Pourtant, si les Canadairs coûtaient des millions en 2024, les incendies de forêt actuels coûteront des milliards en 2026.
C’est la conséquence immédiate d’une politique qui refuse d’augmenter les ressources de l’État en taxant les ultra-riches et les grands groupes et en luttant contre la fraude fiscale, et qui, côté dépenses, maintient des aides massives aux entreprises sans contrepartie, et veut augmenter les dépenses militaires pour satisfaire les diktats de l’administration Trump.
L’action publique devient la seule variable d’ajustement, surtout dans un contexte de remontée des taux d’emprunt. Et tout est bon à couper, comme on l’a vu avec la suppression, en pleine canicule, d’un organisme d’adaptation architecturale des collectivités au changement climatique (GIP EPAU). L’État stratège a disparu, le court-termisme est à la barre !
Rien n’est perdu, il faut envoyer un message clair au gouvernement :
On ne fait pas du mécano avec les instituts de recherche !
Dans ces temps de changements globaux massifs, toutes les compétences doivent être préservées ! Maintien de l’IRD et Arrêt du processus d’absorption dans le CNRS !
Soyons solidaires, la CGT INRAE vous invite à signer massivement la pétition émanant d’agents de l’IRD :
https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-disparition-de-l-ird-pr%C3%A9servons-un-mod%C3%A8le-de-recherche-unique
CGT - INRAE
Syndicat National CGT de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement