Soutien aux étudiant·es d’AgroParisTech en lutte
Communiqué SUD-CGT du 26/01/2026
Depuis mardi 20 Janvier, plusieurs dizaines d’étudiants et d’étudiantes occupaient pacifiquement les bâtiments d’enseignement du campus d’AgroParisTech, sur le site de Palaiseau. Leurs motivations et revendications étaient claires :
1. montrer leur désapprobation quant à la signature du traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur,
2. exiger davantage de pluralisme au sein des instances de gouvernance de l’établissement (notamment parmi les membres nommés siégeant au conseil d’administration d’AgroParisTech)
3. exiger la fin des partenariats d’AgroParisTech avec les entreprises de l’agro-industrie.
4. demander à participer activement au processus de réforme des enseignements en cours à AgroParisTech.
5. obtenir une meilleure intégration des enjeux et approches de l’agroécologie dans le cursus, comme par exemple une re-conception des systèmes de la ferme expérimentale de Grignon.
Sur la forme, leur mobilisation, à la fois déterminée et non violente, mérite d’être saluée. Sur le fond, leurs revendications sont, nous semble-t-il, très légitimes : peut-on reprocher à de futurs agronomes d’exercer leur esprit critique et de s’exprimer publiquement sur des questions qui détermineront l’avenir des systèmes agricoles et agroalimentaires pour de nombreuses années ? Peut-on condamner une demande de pluralisme dans la gouvernance d’une grande école ? Peut-on reprocher à des étudiants de vouloir s’engager dans une réflexion sur les enseignements que leur établissement proposera dans les années à venir ?
Cette attitude était constructive et constituait une véritable main tendue à la communauté enseignante, à l’administration et à la direction de l’établissement.
En réponse à cette main tendue, la direction de l’établissement a choisi d’envoyer, ce samedi, les forces de l’ordre dans les amphithéâtres et les salles de cours pour déloger les étudiants et étudiantes. Est-ce là la seule réponse à apporter à une jeunesse qui exprime pacifiquement ses opinions, cherche à être entendue et souhaite s’impliquer davantage dans un établissement qui compte tant pour elle ? C’est un bien triste jour pour AgroParisTech.
Les établissements d’enseignement et de recherche sont et doivent rester des lieux de savoir et d’échange ou dialogue doit toujours prévaloir. En plus de ne rien résoudre, cette réponse brutale de la direction est lourde de sombres symboles.
Nous condamnons avec fermeté cette intervention inappropriée et apportons notre entier soutien aux étudiants et étudiantes mobilisé·e·s.
Suite à l’intervention des forces de l’ordre, plus d’une trentaine d’étudiant·es ont été exclu·es de l’école pour 15 jours, nous demandons leur réintégration immédiate.
CGT - INRAE
Syndicat National CGT de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement