On ne lâchera rien !
Déclaration liminaire CGT-INRAE au Comité Social d’Administration du 25 septembre 2025
Encore une fois, aussi sérieuse que soit la situation nationale, l’actualité nous contraint à commencer cette déclaration par la situation en Palestine.
Une marche a encore été gravie dans l’horreur qui frappe le peuple palestinien, avec l’offensive terrestre de l’armée israélienne sur Gaza visant désormais à la destruction systématique des conditions même d’existence de ses habitants, pour les pousser à l’exil. Même si elle est beaucoup trop tardive, nous saluons la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France. Mais pour arrêter le carnage en cours, et ouvrir une voie vers la paix, il faut contraindre le gouvernement israélien par des sanctions, par l’abandon des livraisons d’armes, par la suspension de l’accord commercial entre l’Union Européenne et Israël et par celle des relations académiques avec les institutions israéliennes. Sur tous ces points, le gouvernement ne fait rien, alors que, sans ça, ce n’est pas un pays que la France aura reconnu, mais un cimetière. La direction de l’INRAE est aussi concernée car l’Institut coordonne au moins un projet européen HORIZON, PRO-WILD, dans lequel est impliqué l’Institut Weizmann, directement lié à l’armée israélienne. Nous demandons que l’INRAE rompe au plus vite ces relations avec cet Institut.
En France, le long crépuscule du macronisme s’éternise, avec l’ultime provocation de la nomination de Sébastien Lecornu comme Premier Ministre. Alors que tous les signaux, des résultats des dernières élections aux votes de l’Assemblée Nationale convergent pour affirmer le rejet des politiques menées ces dernières années, le président Macron s’est obstiné à donner le pouvoir à un de ses proches.
Par deux fois le président a refusé d’écouter le pays, d’abord il y a deux ans quand le projet de réforme des retraites était massivement rejeté, ensuite l’année passée quand il a refusé d’appeler au pouvoir la coalition politique arrivée en tête aux élections législatives Depuis ces deux décisions la situation est bloquée et la solution ne peut pas être de poursuivre dans cette direction.
Le mouvement populaire du 10 Septembre a été massivement suivi dans le pays, et a permis à un large public de se manifester dans le cadre d’une mobilisation citoyenne, à laquelle la CGT-INRAE s’est associée en appelant à la grève. Le 18 septembre c’est plus d’un million de personnes qui se sont mobilisées par la grève et dans les manifestations intersyndicales, unanimes à rejeter le plan Bayrou et toute politique y ressemblant. Et tant le 10 que le 18, des centaines de collègues INRAE étaient en grève.
L’intersyndicale confédérale avait clairement annoncé que le Premier Ministre devait entendre la voix du pays, abandonner le projet de budget, et ouvrir d’autres perspectives en revenant sur les réductions de dépenses, en mobilisant de nouvelles ressources, et en abrogeant immédiatement la réforme des retraites. La rencontre entre le n-ième nouveau premier ministre Sébastien Lecornu et les organisations syndicales a montré qu’il restait sourd à ces injonctions.
La mobilisation doit donc continuer, et la CGT-INRAE appelle tous les personnels de l’Institut à participer à la grève et aux manifestations appelées par toutes les confédérations partout en France le jeudi 02 Octobre. Le pouvoir est aux abois, notre position doit être claire : on ne lâchera rien !
A l’ordre du jour de ce CSA figuraient
• Le projet de Charte d’usage des ressources informatiques. Pour la CGT si la révision de la charte informatique ne pose pas de problème, la CGT-INRAE n’acceptait pas que cette révision soit l’occasion d’adjoindre la « charte d’engagement INRAE » introduite récemment dans l’Institut sans avoir fait l’objet d’une quelconque discussion avec les organisations syndicales au CSA.
- En séance nous avons obtenu l’assurance de la Direction Générale que la signature de la charte d’engagement n’est pas obligatoire. Sa non signature n’empêche pas de signer la charte d’usage des ressources informatiques, et l’accès à ces ressources. Du fait de cette assurance, la CGT a voté pour.
VOTE : 8 pour : 3 CGT, 4 CFDT et 1 SUD. 2 abs : 1 SUD et 1 CFTC.
• La révision de la passerelle permettant de passer des corps d’ingénieurs au corps de chercheurs, et inversement. La CGT refuse que cette possibilité ne soit donnée qu’aux seuls ingénieurs de Recherche alors que la loi l’ouvre à tous les membres de la catégorie A possédant les qualifications et diplômes nécessaires. Elle conteste aussi le contingentement de cette passerelle à seulement deux personnes par an dans chacun des deux sens.
- En séance nous avons obtenu que la passerelle ne soit effectivement pas restreinte aux seuls Ingénieurs de Recherche sous réserve de la possession des qualifications et diplômes adéquats. Concernant le contingentement, nous avons obtenu que celui-ci soit remplacé par un simple effectif cible.
VOTE UNANIME POUR DES 10 ELUS DU PERSONNELS.
• Dématérialisation des bulletins de paie - la mise à disposition et à la conservation sur support électronique des bulletins de paye et de solde des agents publics
Vote 9 Pour : 3 CGT, 4 CFDT, 1 SUD, 1 CFTC Abstention 1 SUD
La CGT-INRAE a demandé le suivi du reclassement des personnels de l’unité Apis récemment fermée par la Direction Générale, ainsi que des cinq personnes de l’équipe Get It d’INRAE Transfert qui viennent d’être licenciées. Nous resterons vigilants jusqu’au reclassement de toutes les personnes impliquées dans ces deux décisions.
La CGT-INRAE a approuvé la motion déposée par la CFDT intitulée« Complexification administrative, le ras-le bol. »
CGT - INRAE
Syndicat National CGT de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement