INRAE : Conseil d’administration du 13 octobre 2026

, par  Secrétariat BL , popularité : 58%

Déclaration liminaire de la CGT-INRAE au CA de l’INRAE du 13 octobre 2026
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C’est la troisième lame du rasoir.
En juin, les Français découvrent que 140 000 signalements pour violences sexuelles sont en souffrance dans les tiroirs d’une police judiciaire et d’une justice en sous-effectifs notoires, et qu’une enfant de 11 ans l’a payé de sa vie.
Cet été, les années d’inaction face aux enjeux du changement climatique, et de sous-investissements dans les services d’intervention incendie engendrent 7 000 morts de la canicule et près de 100 000 hectares de forêt brûlés.
Et maintenant, c’est la grande misère des lycées, le manque de professeurs et de personnel d’accompagnement, les plafonds qui tombent, les souris dans les couloirs, les toilettes infâmes, les espoirs d’avenir broyés par Parcoursup. Les lycéens bloquent leur établissement pour obtenir qu’on les écoute ; on leur répond par des mutilations.
Le ministre de l’Intérieur vient confirmer à la télévision que les forces de l’ordre n’ont pas de consignes de retenue et que, pour lui, se faire crever un œil, arracher une main, fracasser le visage à 14 ans, c’est une réponse proportionnée à la contestation. La presse internationale découvre qu’on utilise des armes sublétales pour disperser des adolescents brandissant des pancartes en carton. Et des caméras imbéciles s’agglutinent autour de la moindre poubelle qui brûle pour alimenter les chaînes d’information en continu. Il y a pourtant plus important dans la vie que des poubelles. La jeunesse, elle, l’a compris.
Comme le dit si bien cette pancarte vue dans une manifestation : "Pour 35 élèves, un prof ; pour un élève, 5 CRS." Dix ans de présidence Macron résumés en une phrase.
Un appel à manifestations auquel s’associe la CGT est lancé, dans tous les secteurs, pour le 17 octobre.

Le projet de loi de finances de 2027 publié par le gouvernement le 2 octobre 2026 montre sa volonté de poursuivre cette même politique délétère. Rien n’est prévu pour augmenter les recettes de l’Etat. Au contraire, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises diminue, alors qu’elles ont versé 60 milliards d’euros de dividendes au deuxième trimestre. Tout l’effort est demandé du côté des dépenses sociales, touchant d’abord les retraites et la santé, et du côté du budget de l’Etat, sauf en ce qui concerne les dépenses militaires.
Pour l’élaboration du budget 2027, le gouvernement utilise une estimation de l’inflation 2026 à 2,1 %, chiffre extrêmement optimiste comparé aux 3 % attendus par l’INSEE. Les crédits de paiement du budget de la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur ne progressent que de 1,3 %, augmentation largement inférieure à ces estimations. C’est donc une baisse de moyens qui attend l’ESR en 2027.
Pour le programme 172, qui alimente la quasi-totalité du budget de l’INRAE, c’est surtout la baisse de 1500 titulaires du plafond d’emplois, dont 500 pour l’INRAE, qui nous alerte.
Concernant le budget rectificatif numéro2 de l’INRAE, ne sont toujours pas compensées par l’Etat, les dépenses de 13,7 M€ pour le CAS pension, de 0.7 M€ pour la Protection Sociale Complémentaire, de 4 M€ pour les mesures Guerini, et de 7,5 M€ pour la revalorisation des salaires des doctorants. Cela représente un manque pour l’INRAE de 25,9 M€ ; dû à la déficience de l’Etat.
Nous constatons aussi que l’Institut prévoit de prendre 5,9 M€ dans des crédits de fonctionnement pour assurer la paie des contractuels de l’institut, ce qui représente de l’ordre de 5 % des dépenses de salaires des contractuels et qui bénéficient uniquement à certains départements scientifiques et aux services administratifs. Comment expliquer ces besoins nouveaux ? L’argent devait servir à payer les provisions de nouveaux contrats de recherche et les alliances et grands programmes et projets. Cela montre qu’il est possible de trouver de l’argent lorsque c’est nécessaire.
Les décalages et retards de réalisation dans le cadre du CPER 2021-2027 conduisent à -18 M€ en autorisations d’engagement (AE). Comme il s’agit d’un CPER se terminant en 2027, devons-nous craindre que les opérations concernées ne se fassent pas du tout ?

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