Ça sent le roussi !

, par  Secrétariat SF , popularité : 68%

Comité Social d’Administration de l’INRAE du 27 novembre 2025

Déclaration liminaire CGT
« Ce Comité Social d’Administration se tient alors que les budgets de l’Etat et de la Sécurité Sociale pour 2026 sont en navette entre le Sénat et l’Assemblée Nationale. Les éléments budgétaires concernant l’INRAE sont particulièrement inquiétants.
Tout d’abord le montant de la dotation de l’Etat (SCSP) tel qu’il figure dans le projet de loi de finances 2026 ne suit pas l’inflation, ce qui signifie que des moyens de l’INRAE seront une nouvelle fois en baisse l’année prochaine. La tutelle ne prévoit ainsi pas de compenser intégralement pour l’INRAE deux dépenses à venir, la mise en place de la Protection Sociale Complémentaire et l’augmentation du taux de cotisation au Compte d’Affectation Spéciale pour les pensions de retraite. Ces différentes coupes budgétaires conduisent progressivement à une situation financière de plus en plus dégradée, tel que le traduit l’augmentation de la part des salaires (89%) dans le budget de l’Institut, ou les difficultés concernant l’entretien des bâtiments et bientôt, le financement des demandes de formation. La CGT INRAE proposera le vote d’une motion pour exiger du ministère le soutien qu’il nous doit.
Nous reviendrons également dans ce CSA sur nos demandes concernant la rémunération des contractuels, en particulier celle consistant à baser la rémunération des CDI sur une grille, calée sur la rémunération des fonctionnaires en incluant les primes, avec progression de salaire automatique.

A l’Assemblée Nationale, le vote du volet recettes du budget de l’Etat a montré l’état de désagrégation de la base parlementaire censée soutenir le gouvernement. Avec 404 voix contre et une seule voix pour, le constat est clair : ça sent le roussi. Sébastien Lecornu dans ce naufrage a proposé un vote non contraignant préalable pour sauver, bien évidemment, les dépenses militaires et une augmentation de leur montant de 6 milliards l’année prochaine. Pour nous préparer à accepter cela, le chef d’Etat major des armées a fait un discours apocalyptique annonçant à l’horizon 2030 un conflit de haute intensité et la nécessité pour la France de se tenir prête à « accepter de perdre ses enfants ».
Alors que pour les dépenses militaires on trouve de l’argent, comme par enchantement, pour les retraités, les chômeurs, les malades, les fonctionnaires… il n’y a plus de ressources. Gel du point d’indice, des salaires et des pensions, doublement des franchises médicales, attaques sur les prestations des personnes en situation de handicap, maintien des jours de carences et du remboursement à 90 % des arrêts maladies dans la Fonction Publique… nous avons toutes les raisons de nous mobiliser avant la fin du débat parlementaire pour stopper ce carnage social !
Le mardi 2 décembre 2025 aura donc lieu une journée d’action nationale et interprofessionnelle et la CGT INRAE a déposé un préavis auprès de la direction générale pour couvrir les agents qui se mettraient en grève. Trois jours avant, le samedi 29 novembre, nous nous mobiliserons en soutien à la Palestine où, notamment en Cisjordanie, les pertes civiles se poursuivent malgré le prétendu cessez le feu.

Enfin la CGT INRAE a pris connaissance d’un courrier adressé le 18 novembre par la direction générale de la recherche et de l’innovation du MESRE aux responsables des universités et des organismes nationaux de recherche, leur demandant de transmettre à leurs personnels un questionnaire censé constituer une enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’ESR. Cette pseudo enquête se révèle être plus un sondage d’opinion mêlant des questions, souvent nauséabondes sur la perception des personnes de confession juive, ou sur l’Etat d’Israël, à d’autres sur les convictions personnelles religieuses ou politiques. Les renseignements personnels demandés par ailleurs (genre, âge, lieu d’exercice et de domicile, employeurs, corps, diplôme…) sont suffisamment nombreux pour permettre dans la majorité des cas d’identifier à coup sûr l’enquêté. Tout ce processus ne peut conduire qu’à une énième caricature des personnels de l’ESR, à donner en pâture aux médias friands de ce genre de polémiques sur la fonction publique, tout en constituant un fichier qui, dans de mauvaises mains, pourrait être très mal utilisé. Toute cette manœuvre est ignoble et contrevient à la liberté d’opinion des agents publics, pourtant garantie par la loi. La CGT INRAE demande instamment à la Direction Générale de l’Institut de refuser la diffusion de ce questionnaire, comme l’a décidé la conférence des présidents d’université. Nous invitons par ailleurs les agents de l’INRAE à signer massivement la pétition mise en place par la Ligue des Droits de l’Homme sur ce sujet.

Motion CGT présentée sur le budget
« Les organisations syndicales réunis au Conseil Social d’Administration de l’INRAE du 27 novembre 2025 dénoncent la non compensation par la tutelle du coût que va représenter pour l’INRAE la mise en place de la Protection Sociale Complémentaire. Cette compensation était pourtant explicitement prévue dans l’article 2 de l’accord ministériel du 8 avril 2024.
Par ailleurs le fait de demander aux opérateurs de recherche de financer par eux même la plus grande partie du coût de l’augmentation du taux de cotisations au CAS pensions revient à considérer que les agents de la recherche ne sont pas des fonctionnaires d’Etat comme les autres.
Nous exigeons donc de la tutelle la compensation intégrale de ces deux dépenses et le respect de l’accord signé. »
Motion votée à l’unanimité des élu.es au CSA de l’INRAE.

Les points de l’ordre du jour de ce CSA qui étaient pour avis

  • Avis sur le projet de lignes directrices de gestion relatives à la stratégie pluriannuelle de pilotage des ressources humaines : Feuille de route de la fonction RH 2026-2030
    Résultat du vote : CONTRE 3 (CGT) – ABSTENTION 7 (4 CFDT – 2 SUD – 1 CFTC)
  • Avis sur la prolongation du plan de développement des compétences (PDC) et information sur les priorités d’action 2026
    Résultat du vote : ABSTENTION 10 (3 CGT - 4 CFDT – 2 SUD – 1 CFTC)