L’heure n’est pas à participer à des réunions d’instances INRAE

, par  Secrétariat SF , popularité : 15%

Depuis des mois, l’ensemble des forces syndicales de ce pays se mobilise pour obtenir le retrait du projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement.
Dans leur message au PDG de l’INRAE du 8 mars dernier, les organisations syndicales d’INRAE, unies depuis le début contre le projet de réforme, estimant que l’heure n’était pas à participer à des réunions d’instances INRAE, tant nationales que locales, avaient décidé de ne pas siéger, lui demandant de reporter le Comité Social d’Administration (CSA) d’établissement prévu le vendredi 10 mars.
Le combat continue et continuera jusqu’au retrait de cette réforme. Malgré la communication « criminalisante » du président et du gouvernement, qui instrumentalisent une violence marginale pour faire peur et dissuader de manifester, nous étions des millions à manifester pacifiquement les 15, 23 et 28 mars dernier. L’intersyndicale multiplie les actions, maintient la pression et une nouvelle journée d’action unitaire est annoncée pour le jeudi 6 Avril.
Dans ces conditions, en cohérence avec les précédents messages de l’intersyndicale, la majorité des Représentants du Personnel au CSA et à la Formation Spécialisée en Santé Sécurité et conditions de travail (F3SCT) de l’INRAE, s’est à nouveau adressée au PDG afin de reporter les réunions de CSA et F3SCT prévues les 4 et 5 Avril prochain.

Courrier des élu-es au CSAE et à la F3SCT de l’INRAE

Nous avons le regret de vous informer qu’au vu du mépris continu dont le gouvernement fait preuve à l’égard des travailleurs-ses et des citoyen-nes de ce pays au sujet de la réforme des retraites, nous ne pouvons pas en toute conscience participer au fonctionnement normal de l’État.
Nos organisations syndicales sont faussement représentées dans les médias par des mensonges éhontés sur nos différentes positions et propositions pour équilibrer notre système collectif de retraite. S’y ajoutent l’étouffement du débat parlementaire et l’application d’une réforme injuste et antidémocratique par décret ainsi qu’une répression croissante de l’expression populaire par des réquisitions de personnels grévistes et d’arrestations arbitraires dans la rue. Trop c’est trop !
Aujourd’hui, le mépris des organisations syndicales et des revendications sociales légitimes qu’elles portent s’ajoute au sentiment de simulacre de dialogue social qui se renforce année après année. Le gouvernement porte pleinement la responsabilité de cet état de fait, de la colère qui s’exprime et de la décrédibilisation du dialogue avec les partenaires sociaux.
Tant que le gouvernement n’aura pas fait preuve d’une compréhension élémentaire de ses obligations démocratiques, notre seul recours est de refuser de participer à toutes les réunions des instances dans la Fonction Publique d’État, ce qui malheureusement doit également inclure notre institut. Nous ne pouvons pas accepter de servir de caution. Par conséquent, l’ensemble des élu-e-s du personnel INRAE des organisations syndicales CGT, CFTC et SUD boycottera la prochaine réunion du CSAE mardi 4 avril et de la F3SCT mercredi 5 avril.
Nous comprenons qu’il y a des questions importantes qui doivent être abordées au sein de l’INRAE, et nous sommes impatients de les aborder dans un environnement réellement ouvert au dialogue et à la prise de décision démocratique. Néanmoins, un dialogue social comme le nôtre ne peut fonctionner efficacement que si notre démocratie fonctionne également.
Nous espérons que le bon sens l’emportera bientôt et que nous pourrons tous revenir au fonctionnement normal de notre pays et de ses institutions.